Un jardin aquatique exotique… rustique !

Vous avez toujours rêvé de vivre comme Robinson ou ça vous aurait branché d’être Tarzan ? Jetez-vous à l’eau et vivez enfin votre rêve en transformant votre jardin de banlieue (ou une partie seulement) en jungle tropicale ! C’est tout à fait à votre portée avec juste un peu de savoir-faire et d’imagination. Et la présence de l’eau dans ce tableau exotique contribuera grandement à rendre votre projet encore plus convaincant et spectaculaire.

Un décor plus vrai que nature

La réalité du terrain n’est pas toujours extraordinaire, même sous les tropiques ! Et la végétation de ces régions lointaines et chaudes peut parfois être assez banale d’un point de vue esthétique.

Notre goût prononcé pour les ambiances exotiques doit certainement plus au talent des peintres, cinéastes et paysagistes qui ont abondamment nourri notre imaginaire. Nous avons tous en tête les tableaux du Douanier Rousseau représentant une jungle idéalisée et exubérante. C’est dans ce sens qu’il faut aller pour créer un décor  qui étonnera vos amis et émerveillera vos enfants.

Vous pouvez comme au cinéma, créer un décor très évocateur, plus vrai que nature. Et c’est réalisable même si vous résidez dans une région aux hivers rigoureux. Car parmi les plantes aux silhouettes les plus exotiques, certaines sont capables de résister à des températures négatives jusqu’à -24°C. D’autres, moins rustiques, supportent malgré tout nos hivers tempérés si on sait comment les protéger convenablement du vent et de l’humidité.

Privilégier les espèces au feuillage typé et spectaculaire

Ce qui compte avant tout, c’est de réussir à composer un tableau exotique vivant, grâce à de belles associations de formes et de couleurs.

Choisissez des végétaux aux feuillages amples, décoratifs et structurés. Associez les en jouant sur les contrastes des formes et sur les différentes nuances de vert. Recherchez en priorité les formes les plus spectaculaires, comme les palmiers (Chamaerops humilis, Butia capita et Jubea spectabilis, rustiques jusqu’à – 15 °C) et les papyrus rustiques. Si vous disposez de suffisamment de place, utilisez les plantes à feuilles géantes comme la Gunnera manicata, l’Heracleum mantegazzianum, le Macleaya cordata.

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À Ambiance chaude et tropicale, sur fond de Phormium à feuilles pointues et de palmiers nains. Ici, Chamaerops humilis et Sabal minor, rustiques respectivement jusqu’à – 12’C et – 18 ‘C. Les lentilles d’eau (Lemna minor) et les potamots (Potamogeton natans) ont colonisé le ruisseau bordé de sagine et de laiches. Le rouge flamboyant des fleurs du Lobelia cardinalis apporte une note colorée tonique à ce décor verdoyant.

Pour donner une impression de jungle touffue toute l’année, choisissez une majorité d’espèces à feuillage persistant (Magnolia grandiflora, Choysia ternata, Bergenia, Yucca filamentosa, Phormium, Aucuba japonica) ou semi-persistant comme les graminées d’ornement (Elymus, Miscanthus, Phalaris, Arundo donax, Phragmites commun, Zizania latifolia, Cortaderia). Les bambous offrent un choix important d’espèces parfaitement rustiques jusqu’à – 22 ‘C. Leurs feuillages élégants et leurs tiges colorées constituent un large éventail une de formes et de couleurs.

Ajoutez une note de fantaisie au fil des saisons avec quelques fleurs choisies pour leur beauté exubérante : lysichitons d’Amérique, cannas, arums, ricin, kniphofias. Des arbres d’ornement peuvent compléter ce tableau en masquant l’arrière plan pour que l’illusion soit plus parfaite : Catalpa, Paulownia, Rhus typhina, Salix matsudana, Albizzia julibrissin.

Un bassin d’aspect parfaitement naturel

Pour que l’illusion soit parfaite, la forme du bassin doit être aussi naturelle que possible. Les rives seront entièrement cachées par de grosses pierres, des plantes couvre-sol et des feuillages persistants. On peut aussi aménager une rive couverte de sable et de galets.

Quelques éléments évocateurs pourront compléter la scène : une branche d’arbre mort posée au bord de l’eau, un petit pont en bambous ou de cordages, un groupe de rochers soigneusement choisis. Ce sera un terrain de jeux idéal pour des tortues d’eau et des batraciens si le climat le permet et à condition que le bassin soit adapté à leurs besoins spécifiques.

Photo d’ouverture : d’importantes touffes de bambous suffisent à donner un air de jungle à ce bassin informel, bordé de laîches et de fougères. Ici, on reconnaît les larges feuilles de Arundinaria tessellata et Pseudosasa japonica, deux espèces rustiques, la première jusqu’à – 18 ‘C, la seconde jusqu’à – 24 ‘C.

Cascades et ruisseaux créent de l’enchantement

Lorsque le bassin est peuplé de multiples animaux, il est préférable de faire circuler l’eau  en circuit fermé afin de la filtrer et de l’oxygéner. On joindra l’agréable à l’utile en associant ce dispositif à la création de cascades et ruisseaux. C’est l’occasion de mettre en scène l’élément aquatique en ajoutant un fond sonore et du mouvement à votre décor. Idéalement, le débit des cascades doit pouvoir se régler à volonté, de façon à ne pas troubler la quiétude du lieu. Même dans un tout petit bassin, un simple filet d’eau suffit à animer l’espace et à transformer l’atmosphère d’un jardin.

Il suffit que le terrain à proximité du bassin ait une légère pente (de 2 à 5 cm par mètre) pour créer un ruisseau, tandis qu’une pente plus accentuée se prêtera davantage à la création d’une ou plusieurs cascades.
Si votre terrain est parfaitement plat, vous pouvez utiliser divers artifices pour créer un dénivelé, mais cela demande d’être fait avec soin si l’on veut éviter le côté trop artificiel qui se voit au premier coup d’œil. Vous pouvez ajouter une épaisseur de terre bien tassée sur une assez grande surface, ou bien créer une petite colline qui servira de point de départ au ruisseau. Créez plusieurs monticules en pente douce et de différentes tailles, entre lesquels le ruisseau pourra se frayer un chemin naturellement. L’effet sera meilleur si le tracé entier du ruisseau ne peut être embrassé d’un seul regard, ce qui donnera un peu de mystère à la scène. Veillez à ce que les dimen­sions du ruisseau et de la cascade soient bien proportionnées par rapport à la taille du jardin.

Pour que l’eau circule on doit placer une pompe immergée dans le bassin de réception (point le plus bas) qui refoulera l’eau vers la source du ruisseau (point le plus haut). La puissance de la pompe sera choisie en fonction du dénivelé du terrain, de la distance entre le lieu de pompage et la sortie, ainsi que du débit souhaité. Il est préférable de prévoir un débit un peu plus grand que nécessaire pour un usage intensif. Prévoyez également un compensateur de niveau dans le bassin car le volume d’eau circulant dans le ruisseau et les cascades doit pouvoir être compensé par un apport d’eau équivalent dans le bassin. Les pertes par évaporation sont aussi plus importantes quand l’eau circule ainsi.

Le matériau utilisé pour construire une cascade détermine à la fois son esthétique, son débit et sa sonorité. Dans cette compo­sition stylisée, les cascades ont été réalisées à l’aide de plaques de métal galvanisé. On crée ainsi un mince voile d’eau dont l’aspect épuré et maîtrisé s’harmonise avec la forme géométrique des bassins et le port érigé des touffes d’Acarus calamus.

La présence des plantes aquatiques (iris et caltha des marais, hostas) et de pierres dans le cours d’un ruisseau permet d’en modeler le profil et le caractère.

Les rives de ce ruisseau sont constituées de galets. Ceux-ci sont soigneusement appareillés et scellés au mortier de manière à prévenir toute érosion des berges.

Comment éviter les problèmes d’algues vertes ?

Il est naturel que des algues soient présentes en petite quantité dans un étang ou un bassin de jardin. Lorsqu’elles prolifèrent, elles sont la source de nombreux inconvénients ce qui nécessite d’agir avant que la situation ne devienne incontrôlable, voire catastrophique. Mais ne perdons pas de vue que c’est là le signe d’un déséquilibre sous-jacent qu’il faut identifier, afin de traiter la cause plutôt que ses effets.

On en recense un très grand nombre, dont l’aspect est plus ou moins filamenteux, la consistance visqueuse ou spongieuse. Leur couleur varie du vert au rouge en passant par le brun. Elle est déterminée par les caroténoïdes présents dans les chloroplastes de l’organisme. Certaines algues possèdent de minuscules flotteurs. D’autres forment des agglomérats flottants ou encore produisent des brins filamenteux qui couvrent comme du gazon les parois du bassin sous la surface de l’eau.

Les algues sont elles nuisibles ou dangereuses pour la vie du bassin ?

Les algues servent de nourriture à un certain nombre de petits animaux de l’étang, notamment les escargots d’eau (limnée, planorbe). Elles forment également un matelas chaud et confortable sur lequel les animaux peuvent prendre le soleil comme la magnifique grenouille rousse en haut de cette page.

Grâce à la photosynthèse, les algues produisent de l’oxygène tout comme le font les plantes aquatiques immergées.

Elles débarrassent aussi l’eau de ses éléments polluants, tel l’azote produit par les poissons du bassin. C’est pourquoi certaines algues sont utilisées dans le traitement des eaux usées.

Cette capacité à oxygéner et à filtrer l’eau en fait donc des contributeurs utiles à la vie des habitants du bassin.

Alors où est le problème me direz-vous ?

Un look négligé et une capacité de reproduction quasi explosive

Ce qui les rend si indésirables dans un jardin aquatique, c’est leur aspect inesthétique et leur capacité à se reproduire si rapidement.

Vues de très près, à la loupe binoculaire par exemple, une algue verte peut présenter une structure digne d’intérêt comme n’importe quel organisme vivant. Mais quand on les observe à l’œil nu, on ne distingue qu’un amas informe d’aspect cotonneux ou filamenteux qui s’insinue dans le moindre espace et finit par recouvrir les autres plantes en les défigurant.

Les algues croissent beaucoup plus vite que les plantes aquatiques : en cas de déséquilibre biologique, elles tirent profit de l’excès de nutriments et envahissent rapidement toute la surface. Elles empêchent la lumière de pénétrer sous l’eau, ce qui met en péril la vie des plantes immergées et celle des poissons. Si l’on ne fait rien, leur prolifération est une menace pour les habitants du bassin condamnés à une mort lente par asphyxie.

Les causes les plus fréquentes

La prolifération des algues est fréquente au printemps, lorsque l’eau se réchauffe. Les éléments nutritifs provenant des débris accumulés au cours de l’hiver sont abondants, mais les plantes aquatiques dont la croissance est plus lente et plus tardive, ne sont pas encore suffisament développées pour concurrencer les algues.

Il se peut aussi que votre bassin manque de plantes aquatiques capables à la fois d’absorber les éléments nutritifs présents dans l’eau. Ajoutez quelques plantes afin de couvrir 50 à 70% de la surface de l’eau. En créant de l’ombre, le feuillage limitera la surchauffe de l’eau. Pensez aux nénupharx dont les feuilles s’étalent rapidement, à l’élodée et au cératophylle qui sont d’exellentes oxygénantes, ainsi qu’à des flottantes la jacinthe d’eau.

Les algues ont besoin de lumière pour la photosynthèse et ne peuvent pas vivre sans elle. Elles prospèrent aussi quand l’eau est chaude, c’est pourquoi on les trouve souvent dans les bassins peu profonds et et très ensoleillés.

Une cause fréquente d’un déséquilibre de l’eau est un trop grand nombre de poissons par rapport au volume d’eau disponible. Ce qui favorise la production d’azote issu des déchets des poissons. Hors, les algues aiment l’azote. Vérifier donc que vous disposez d’au moins 100 litres d’eau pour chaque poisson de 15 centimètres.

Un excès de nourriture distribué aux poissons est une autre cause fréquente. La nourriture distribuée doit être consommée dans les minutes qui suivent. Les aliments en excés se dégradent au fond du bassin et produisent des niveaux élevés d’ammoniac et de nitrites dans l’eau et réduit les niveaux de pH. La décomposition des aliments étant un procédé aérobie, elle abaisse également les niveaux d’oxygène dans l’eau.

Prévenir plutôt que guérir…

En pratique, la prévention consiste tout simplement à priver les algues des nutriments qui sont à l’origine de leur prolifération. Voici donc quelques pistes à suivre pour identifier la cause du mal et prendre des mesures préventives…

Ne laissez pas les algues s’installer.

Dès le début du printemps, dès que vous constatez que leur nombre commence à croître, faites un nettoyage en extrayant les algues manuellement. Aidez-vous d’une petite branche pour les enrouler comme vous le feriez avec des spaghetti. C’est un peu long à faire, mais c’est très efficace, surtout si on s’y met à plusieurs !

Si les algues reviennent, il faudra trouver la cause de cette prolifération afin de pouvoir rétablir l’équilibre essentiel à la santé du système. Car comme en médecine, la prévention est le meilleur des remèdes.

En toutes saisons, veillez à ce que les feuilles mortes et autres matières organiques ne se décomposent pas dans l’eau. Retirez-les, manuellement ou à l’aide d’un skimmers et nettoyez régulièrement le systèmes de filtration. Certaines bactéries bénéfiques vendues dans le commerce peuvent aider à cette tâche en consommant de la matière organique.

Retirez à la main les algues pour éviter qu’elles ne se décomposent et n’alimentent d’autres algues en formant un cercle vicieux !

Dès la conception du bassin, prévoyez une profondeur supérieure à 60 cm. De cette manière, on peut réduire la pénétration des rayons du soleil dans les endroits les plus profonds du bassin, où un grand volume d’eau peut se maintenir à une température assez fraîche en été.

Faites fonctionner l’aération, filtrez et faites circuler l’eau plus rapidement. Assurez-vous que la pompe et le filtre ne sont pas sous-dimensionnés par rapport à la taille de l’étang. Cela aura pour effet de réduire les poches chaudes, accélèrera la filtration (maintenez le filtre propre régulièrement) et ajoutera de l’oxygène car la décomposition des débris épuise l’oxygène).

Offrir un lieu permettant aux bactéries bénéfiques de croître, comme un bio-filtre, les roches, les plantes, les médias filtrants.

Nettoyez les filtres au moins une fois par jour jusqu’à ce que l’eau redevienne limpide.

 

Savoir identifier le sexe des carpes Koi

Il peut être utile de savoir comment reconnaître le sexe des carpes koi, que ce soit pour planifier leur reproduction, ou bien par simple curiosité, ou encore parce que vous leur attribuez à chacune un nom que vous souhaitez conforme à leur genre.

Le sexage des koi est plus facile lorsque les carpes sont matures, vers l’âge de 2 ans, et qu’elles atteignent 30 cm ou plus. Mais pour un œil exercé, c’est quand même possible de déterminer leur genre plus tôt.

Observer les nageoires et la forme globale

La première des façons de différencier mâles et femelles est d’observer la forme et la couleur des nageoires pectorales. Un mâle possède des nageoires plus petites et plus effilées, généralement opaques et bien colorées. Tandis que chez la femelle koi, les nageoires sont larges, de forme arrondie, et plus ou moins transparentes.

La deuxième façon de distinguer le sexe des Koi est de comparer la forme du corps. Mais c’est plus difficile à observer chez les jeune koi. Le corps du mâle est relativement long et mince, tandis que chez la femelle, le corps est plus galbé, sans doute pour mieux accueillir les œufs. Cela donne à la femelle une silhouette assez semblable à celle d’un dirigeable.

Ce critère sert d’ailleurs assez souvent à reconnaître les koi « haut de gamme » dans les concours. Il est vrai que le corps plus large des femelles permet de mieux apercevoir les motifs et les couleurs. C’est sans doute la raison pour laquelle les plus beaux spécimen koi photographiés dans les catalogues des éleveurs sont majoritairement des femelles.

Origine du dimorphisme sexuel

Même si cela n’est pas particulièrement utile pour déterminer leur genre, il est interessant de noter que les koi mâles ont tendance à croître moins vite que les Koi femelles. Ceci est dû aux méthodes de reproduction utilisées par les éleveurs japonais depuis des siècles. Pour accroître la diversité génétique, chaque femelle reproductrice était présentée à plusieurs mâles reproducteurs en même temps. Et pour que la femelle ne souffre pas trop des assauts des mâles compétiteurs, on choisissait de préférence les plus grosses femelles auxquelles on associait de petits mâles. Génération après génération, la conséquence involontaire de cette sélection des petits mâles à croissance lente associés à de plus grandes femelles a finit par faire de ces profils un caractère sexuel secondaire et permanent de l’espèce.

Comment élever des carpes Koi ?

Les carpes Koi ont ce pouvoir extraordinaire d’attirer immédiatement l’attention des visiteurs. Dans la plupart des jardins aquatiques, ce sont elles la véritable attraction !

Leurs couleurs chatoyantes, aux reflets métallisés, ajoutent un intérêt esthétique au jardin et leur manège majestueux renforce l’aura de sérénité qui s’en dégage. Chaque carpe apporte l’originalité de sa robe multicolore et la singularité de son tempérament. Elles sont très sociables, et se laissent apprivoiser facilement. Elles apprécient la compagnie de leurs congénères, ce qui rend le spectacle encore plus beau.

Leur grand nombre dans un petit étang nécessite d’avoir un volume d’eau et une filtration adaptés si l’on veut profiter de leur étonnante longévité. Celle-ci peut dépasser une centaine d’années et leur taille atteint alors 80 cm de longueur. Elles ont donc besoin de beaucoup d’espace pour se mouvoir.

a460_koi08Si vous souhaitez élever des carpes koi, vous devrez donc vous assurer que, dès la conception de votre bassin, vous créez un environnement adapté à leur mode de vie.

Leur élevage demande plus d’attention et de savoir-faire que pour de simples poissons rouges (qui ont la particularité d’être particulièrement roubustes et adaptables).

Vous devrez connaître les pratiques quotidiennes d’un bon éleveur comme savoir reconnaître un mâle d’une femelle koi, identifier des œufs fécondés, ou choisir la meilleure nourriture en fonction de l’âge et des saisons. Voici par exemple les principales exigences qu’il faut respecter si vous souhaitez que vos carpes koi se reproduisent aisément dans votre bassin :

– Un endroit du bassin spécialement aménagé en frayère, où elles pourront pondre leurs œufs en toute quiétude,
– Une eau saine et abondamment oxygénée, dont la température se situe entre 20 et 23 degrés Celsius,
– Du calme et de la sérénité.

 

Température de l’eau et santé des poissons

Peut-être vous interrogez-vous sur les effets que peuvent avoir les variations de la température de l’eau sur la santé et le bien-être des poissons de votre bassin…

Comme vous le savez certainement, les poissons sont des animaux à sang froid capables de résister, dans leur milieu naturel, aux pires aléas du climat. Nous pourrions en déduire que les habitants de notre étang de jardin sont peu sensibles à la température de l’eau. Mais cela n’est vrai que jusqu’à un certain point, et la température de l’eau peut avoir des effets négatifs sur la santé de vos poissons. La raison principale est qu’un étang de jardin est un milieu confiné, moins profond et aux contours bien moins variés qu’un étang naturel ou une rivière. Ses habitants sont totalement dépendants des conditions que vous avez créées à leur intention. Néanmoins, cette situation vous donne la possibilité d’agir sur certains paramètres pour contrebalancer les excès de la nature. Voyons ce que vous pouvez faire pour garder vos poissons en aussi bonne santé que possible malgré les rigueurs de la météo et des saisons.

Idéalement, pour garder vos poissons dans leur meilleur état de santé, la température de l’eau ne devrait pas varier de plus de 3 degrés par jour. Munissez-vous d’un bon thermomètre et mesurez régulièrement la température de l’eau pour savoir comment réagit votre bassin face aux changements climatiques. Notez également la météo du jour et la température atmosphèrique, cela vous aidera à mieux anticiper les phénomes en jeu.

Les changements atmosphériques affectent en premier lieu la température de l’eau de surface, mais dans la partie la plus profonde, la temprérature reste plus constante. La meilleure des protection contre les intempéries et donc de prévoir, dès la conception du bassin, une profondeur sufisante dans la partie centrale afin de favoriser une certaine inertie thermique. Prévoyez de 120 à 150 cm sur quelques mètres carrés au minimum. On laisse ainsi aux habitants de la pièce d’eau la possibilité d’évoluer dans les strates de température qui leur conviennent le mieux, selon l’heure du jour ou de la nuit, au fil des saisons.

En hiver, le métabolisme des poissons ralentit en même temps que l’eau refroidit. Ils n’ont pas besoin de manger quand la température reste en dessous de 4°C. Il reste possible de digérer la nourriture tant que l’eau reste au-dessus de 4°C. Si vous habitez dans une région où l’eau gèle, faites en sorte de garder une partie de la surface du bassin en contact avec l’air libre de sorte que les gaz toxiques peuvent se libérer. Un dégivreur est une solution appropriée, car il empêchera la formation de glace à l’endroit choisi. Surtout, ne brisez pas la glace à grands coups, pour garder un trou ouvert, car les ondes de choc à travers l’eau peuvent affoler complètement vos poissons. Si la glace a déjà pris, vous pouvez essayer de former un trou en posant une casserolle d’eau bouillante sur la glace.

La sortie de l’hiver se caractèrise par de brusques écarts de température qui soumettent les poissons à un stress alors qu’ils sont affaiblis par une longue période d’hivernage.
Quand  une vague de froid s’annonce, stoppez le débit de votre cascade de façon à ralentir la vitesse à laquelle l’eau de votre étang refroidit.

En été, la température idéale de l’eau devrait se situer entre 20 à 23 °C. Quand la température est supérieure à 29 degrés C, l’eau perd beaucoup de sa capacité à retenir l’oxygène. Les poissons ne sont alors plus capables de respirer et viennent gober l’air à la surface. Dans ces conditions, la présence des aérateurs, des fontaines et des cascades aide grandement à oxygéner l’eau.

Notez que la présence de plus d’oxygène dans l’eau permet également de limiter la croissance des algues !

Pourquoi les carpes Koi sautent hors de l’eau ?

Les carpes Koi qui sautent hors de l’eau sont un spectacle très sympa à observer. Pourtant, ce n’est pas toujours une bonne chose car cela comporte des risques pour le poisson. Une carpe koi qui saute hors de l’eau peut se blesser en retombant sur la surface de l’eau, sur les plantes, ou sur les rochers qui bordent l’étang. La variété Papillon koi est par exemple particulièrement vulnérable aux blessures de ce genre en raison de la fragilité des ses fines nageoires.

Un poisson peut s’échouer sur la berge ce qui pourrait lui être fatal.

Même si l’histoire ne finit pas toujours aussi mal, essayons de comprendre ce qui incite vos poissons à sauter hors de l’eau. Généralement on peut identifier trois causes principales pour lesquelles une carpes fait des sauts.

Une des causes les plus courantes, c’est la recherche du plaisir qui inscite les carpes à sauter. De nombreux animaux, comme les dauphins et les otaries, aiment tout simplement profiter du saut pour exprimer leur humeur joueuse et éprover des sensations fortes. Si vos poissons sont particulièrement inclinés à sauter de joie, il n’y a pas grand-chose que vous puissiez faire à ce sujet, si ce n’est que d’essayer de limiter les blessures qu’ils pourraient s’infliger à eux-mêmes. Mais à priori, les carpes koi qui sautent par plaisir sont beaucoup moins susceptibles de se blesser. Dans ce cas profitez du spectacle et voyez comment ça se passe.

Une autre raison est le besoin d’explorer leur environnement. C’est souvent le cas pour des Carpes Koi koi qui sont nouvellement arrivés dans leur environnement. Les Koi étant des poissons plutôt intelligents, ils aiment explorer leur environnement, y compris les limites extérieures de votre étang. Vous pourrez observer le plus souvent ce genre de saut dans la zone de cascade ou de skimmer. Une attention temporaire peut prévenir les blessures avec de nouveaux poissons en gardant un œil sur les nouveaux arrivants pendant un certain temps après leur introduction dans leur nouvel étang.

Vos carpes koi pourraient également se remettre à l’exploration aérienne au printemps. Une autre raison peut être la survenue de changements majeurs dans leur environnement comme par exemple l’installation de nouvelles plantes ou cascades.

La autre cause pour laquelle ils peut les inciter à explorer un étang qui leur est déjà familier est la recherche de nourriture si vous avez oublié de les nourrir.

Enfin la dernière possibilité que vous devez examiner est de savoir si vos carpes Koi sont en souffrance dans l’eau.

C’est le genre de saut que vous devez savoir détecter et qui doit vous inciter à faire quelque chose. Si quelque chose ne va pas dans la qualité de l’eau, vos poisson pourraient en souffrir et chercher un moyen de sortir du bassin. Faites quelques tests pour vérifier la qualité de l’eau et voir ce qui pourrait clocher, et agissez en conséquence.

Si la l’équilibre physico-chimique et la température de l’eau sont corrects, il pourrait s’agir de la peur des prédateurs. Assurez-vous alors que votre bassin offre assez de recoins et autres lieus de repli pour que vos carpes koi puissent se cacher de temps lorsqu’elles se sentent en danger.

Parfois, lorsqu’il fait exceptionnellement chaud  en été, les carpes koi se sentent aussi mal à l’aise dans l’eau de l’étang et se mettent à sauter pour repérer un lieu plus frais où elles pourraient se réfugier. Ceci est assez courant dans les étangs peu profonds exposés au plein soleil dans le Midi. Créer de l’ombre sur une partie de votre étang pourrait être la solution. De manière générale, c’est une bonne chose d’offrir à vos carpes koi une parcelle d’ombre pour se cacher du soleil.

Enfin, une dernière cause de malaise pour vos carpes serait un surpeuplement du bassin. Pensez que vos hôtes grandissent constament et peuvent se multiplier. Faites le point sur la capacité d’accueil de votre bassin tous les ans et à chaque fois que vous désirez introduire de nouveaux arrivants. Assurez-vous que vous disposez toujours de plus d’espace que ce dont vos poissons ont réellement besoin.

Les origines du jardin aquatique dans la tradition orientale

Depuis plus de 1 500 ans, les Japonais ont démontré leur profonde compréhension du paysage naturel. De cette perception sensible de la beauté intime de la nature où l’eau occupe une position centrale, est né un art véritable. Cette tradition a sans cesse évolué et, de nos jours encore, elle influence de nombreux créateurs de jardins dans le monde entier.

Les textes anciens concernant l’art des jardins révèlent l’existence au Japon, vers l’an 550 de notre ère, les premiers « jardins à étang ». On aimait s’y promener en barque, tout en nourrissant les poissons et les oiseaux.

Cette tradition, originaire de Chine, fut renforcée par les nombreux échanges culturels et commerciaux qui rapprochèrent ces deux pays. En l’an 612, l’impératrice Suiko-Tennô transforma le jardin de son palais en faisant creuser un étang. Celui-ci était traversé par un pont de style chinois, en bois avec un parapet laqué rouge. À cette époque, le Japon s’ouvrit aussi au bouddhisme, dont les conceptions allaient influencer profondément l’art des jardins.

Le jardin paysage

Le respect instinctif des Japonais pour la nature, leur admiration pour le spectacle quotidien du paysage naturel (si particulier dans l’archipel japonais) donnèrent naissance à un style de jardin où prennent place collines, rochers et ruisseaux, aussi bien que les lacs et leurs îles.

Cette représentation à échelle réduite et en trois dimensions d’un paysage, réel ou imaginaire, offre au regard et à la contemplation une parcelle de nature universelle. Les matériaux sont empruntés à la nature et sont agencés suivant ses règles propres. L’eau en est l’élément principal. Le jardin s’organise le plus souvent autour d’un étang figurant un lac ou la mer, parsemé d’Îles, et alimenté par un ruisseau au cours sinueux et accidenté. Même dans un jardin paysager sec, l’eau joue ce rôle de premier plan, figurée par une étendue de sable évoquant un étang, ou par des pierres rangées côte à côte, dessinant le cours tumultueux d’une rivière.

Isolés ou bien encore disposés en groupes expressifs, les rochers jouent un rôle esthétique important. Leur position est minutieusement choisie de façon à créer une montagne abrupte, un pont ou encore les cascades d’un ruisseau. Utilisés pour consolider les berges d’un étang, ils évoquent une côte rocheuse sauvage, bordée par quelques Îlots. Le relief du terrain est modelé de manière à créer des collines artificielles recouvertes de gazon, parfois hérissées de roches leur donnant la silhouette de véritables montagnes.

Le symbolisme religieux

Introduit au Japon vers 550 par l’empereur Kimmei-Tennô, le bouddhisme renforça davantage encore le concept du jardin paysage en apportant sa représentation du paradis, qui n’était autre qu’une île au centre d’un étang : « Bouddha trônait sur une terrasse au-dessus d’un étang aux lotus ».

Cette évocation du jardin paradisiaque ne pouvait que favoriser l’épanouissement de ce type de jardins, qui devint peu à peu un lieu d’accomplissement des rites religieux. Elle influença fortement l’évolution du jardin japonais dont la disposition devenait la manifestation sur terre du Pays pur de l’Ouest, comme en témoigne cette description : « la montagne la plus haute du monde se dresse au-dessus des sphères de la terre, de l’eau et du vent. Sur les versants de la montagne habitent les quatre rois du ciel, et à son pied on voit neuf montagnes et, entre elles, huit mers avec à leur extrémité des îles ».

Ainsi, la vision bouddhiste d’un jardin paradisiaque et aquatique venait-elle enrichir, par son symbolisme et par sa mythologie, l’art de la composition du jardin japonais.

Dès ses origines, l’art du jardin japonais montrait un sens du naturel et de l’harmonie universelle qui annonçait nos aspirations contemporaines. Plus que par l’imitation formelle ou la recherche de l’exactitude historique, c’est à travers notre propre sensibilité, à l’écoute attentive de la nature, que nous percevons le mieux ce que doit être un jardin japonais authentique…